La période olympique qui se termine a été forte de moments inoubliables. Comme plusieurs d’entre vous, j’ai suivi avec attention et émotion les parcours qui ont mené à des victoires éclatantes et des défaites crève-cœur. Ce que j’aime avant tout, c’est l’histoire des proches qui accompagnent nos athlètes et font des sacrifices importants pour les guider jusqu’à l’objectif ultime ; ce podium tant convoité qui parfois leur échappe par quelques fractions de seconde.

Le cheminement des personnes qui ont des troubles de la communication est tout aussi olympique sans pour autant être récompensé d’une médaille d’or à la toute fin. Il est empreint de petites victoires et de grands doutes, d’acceptation et de résilience sur un chemin souvent chaotique et parsemé d’embûches. Aux premières loges, des parents et des conjoints qui se retrouvent dans un rôle qu’ils n’ont souvent pas prévu ou choisi ; celui d’aidant naturel. Dans la perception collective, cette fonction est habituellement restreinte à l’accompagnement d’un individu gravement malade ou en fin de vie. Et pour avoir récemment vu une personne de mon entourage jouer ce rôle, je suis ébloui par l’amour et le don de soi que cela exige. Pourtant, ce même don de soi existe aussi chez les proches qui soutiennent des personnes avec un trouble de communication. Une maman d’un jeune adulte avec un trouble développemental du langage me disait dernièrement à quel point c’était un parcours ardu ; qu’elle n’en verrait la fin qu’au moment où elle-même allait mourir… l’accompagnement d’une vie.

Alors, en tant que président de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes, je décerne une médaille d’or à toutes ces personnes qui, continuellement et au long cours, devant ou dans l’ombre, font des sacrifices quotidiens pour assurer un avenir à l’être aimé. Qui n’hésitent pas à franchir les obstacles pour faire reconnaître une problématique parfois invisible aux yeux de plusieurs. Je vous invite, chers membres, à prendre le temps de leur dire toute l’admiration que vous leur portez, à leur souligner le courage dont ils font preuve. Car elles méritent, sans en douter, la plus haute marche du podium.