Le 31 janvier dernier, le premier ministre François Legault annonçait le nouveau programme « Agir tôt ». Cette plateforme informatique vise à dépister les troubles de développement le plus tôt possible et ainsi rapidement diriger les enfants vers les services appropriés. Je salue chaleureusement cette annonce qui prévoit des investissements considérables destinés à embaucher des équipes de professionnels dans plusieurs régions du Québec. Ce programme est inspiré de celui du Centre intégré du réseau en neuro-développement de l’enfant (CIRENE) mis sur pied par le docteur Lionel Carmant. Il avait fait l’objet, en 2018, d’une rencontre à l’Ordre avant même que Dr Carmant soit nommé ministre. Lors de notre discussion, ce dernier s’était montré extrêmement sensible aux troubles de la communication et au travail important des orthophonistes et des audiologistes. Bien entendu, l’Ordre souhaite contribuer dans les prochaines semaines au déploiement harmonieux et efficace d’une telle démarche et rencontrera les représentants du ministère afin de collaborer à l’implantation du projet.

L’Ordre souhaite sensibiliser le ministère sur plusieurs éléments préoccupants en ce qui concerne le déploiement du programme tout en proposant des solutions. Évidemment, nous le savons depuis longtemps, la prévention et la bonne intervention, le plus tôt possible, sont deux concepts extrêmement importants pour le développement de l’enfant, particulièrement en ce qui a trait aux troubles de l’audition et de la communication. Le dépistage est, en ce sens, un pas dans la bonne direction. Néanmoins, il faut s’assurer de mettre en place les interventions nécessaires (évaluation, formation, etc.) répondant aux besoins de l’enfant et ceux de sa famille suivant les mesures de dépistage. Pour ce faire, il faut que les ressources soient disponibles et que le continuum de service vers la réadaptation et vers l’école soit plus souple et accessible. Sinon, nous risquons d’accentuer les temps d’attente, ce qui nuira à l’objectif ultime : celui d’intervenir tôt.

Ainsi, je ne peux m’empêcher de penser à ces enfants et ces parents que les rouages du système ont délaissés ou qui sont trop souvent trimballés d’un programme et d’un service à l’autre. Par ailleurs, cette attente, aussi attribuable à un manque de ressources, cantonne les orthophonistes et les audiologistes dans un rôle limité pour une clientèle restreinte. Cette situation mène la population, et même parfois les professionnels, à oublier l’ampleur de l’offre de service possible ou leur propre rôle.

Heureusement, il semble y avoir une réelle prise de conscience et une volonté politique nécessaire pour que les enfants québécois soient pris en charge plus rapidement par des professionnels. Dans les prochaines semaines, l’OOAQ fera les représentations nécessaires pour que le programme « Agir tôt » se déploie dans un réel souci d’améliorer l’accessibilité aux services de nos tout-petits.

Pour retourner à l’infolettre, cliquez ici !